| Le salut |
| Usage courtois, agréable à faire et sympathique à rencontrer, le salut au voilier croisé (du bras, pas de la main, vous n'êtes pas sur un quai de gare) manifeste la solidarité des gens de mer. C'est la même sur laquelle vous pourrez sans doute compter s'il vous arrive un problème. A portée de voix, entre gens qui ne se connaissent pas, on se contente généralement de s'enquérir de la provenance et de la destination. Informations qui peuvent éventuellement servir d'ailleurs. Rappelons que, sur les livres de la marine (guerre ou commerce), chaque navire dispose de documents où sont inscrites les caractéristiques du bateau rencontré, commandement, armement, etc. On sait donc à qui l'on a affaire. Ce qui n'existe pas pour la plaisance. Il arrive même que, dans la calmasse, on puisse s'échanger, de bord à bord, des victuailles en surnombre d'un côté et manquantes de l'autre. |
| VHF, canal 16 |
| C'est une évidence, mais le rappel n'en est malheureusement pas inutile : ce canal est attribué à la veille et ne doit jamais servir d'espace de bavardage. Aucune amende n'est encourue mais ce n'est pas une raison pour gêner le trafic et faire part à la mer entière de vos soucis domestiques. |
| Ferler les voiles |
| Il s'agit là autant d'étiquette que de bon sens. En gagnant un port, deux situations sont courantes. Ferler les voiles cinq milles avant d'embouquer le chenal ou, en tirant des bords d'une bouée à l'autre, amener la toile au dernier moment entre les digues. Dans le premier cas, c'est peut-être confortable, dans le second, c'est dangereux. A moins que votre voilier ne soit dépourvu (ou en panne) de moteur. On voit souvent alors les connaisseurs s'écarter ou même louvoyer pour vous laisser manoeuvrer. |
| Les femmes à bord |
| Privilège incontestable, les femmes doivent être entourées de tous les soins. Ce n'est déjà pas mal qu'elles acceptent de vous accompagner, alors, inutile de vouloir les transformer en équipières de choc. Tout le monde n'est pas Isabelle Autissier ou Ellen MacArthur. Vous-mêmes n'êtes pas forcément un clone de Michel Desjoyeaux. Il faut cependant rester prudent, un signe de galanterie a vite fait de passer pour une goujaterie. Toute susceptibilité gardée, la croisière est un moment de détente exceptionnel, pas une corvée exténuante. Surtout si vous vous cramponnez à la barre. Position stratégique certes avantageuse mais sportivement plus contestable. S'il y a un gros effort à faire, faites-le vous-même... Les manoeuvres de prises de ris dans la piaule, changement de foc dans la plume ou partition à jouer au guindeau sont réputées appartenir à tous les sexes, sans exception. |
| L'annexe |
| L'usage vaut l'étiquette. Selon que vous aurez une annexe rigide ou gonflable, vous serez grand ou petit. Si vous êtes propriétaire d'une annexe gonflable, mieux vaut éviter de la traîner au cul. Non seulement le fardage n'est pas mince mais vous donnez l'impression que la confiance en vos propres talents n'est pas votre fort. Si vous possédez une annexe rigide, tout dépend de la taille de votre navire. En dessous de 12 mètres, si vous l'amarrez au cul, on se demande laquelle de vos embarcations vous inspire le plus de confiance. Dans les deux cas, l'étiquette comme la prudence recommande au moins de garder les avirons à bord et pas à poste sur les dames de nage. |